Le mythe de janvier

Janvier et l’illusion de capacité 

Le début d’année donne l’impression d’un espace neuf : un moment propice pour accélérer, lancer, transformer. À chaque début d’année, de nombreuses organisations veulent faire bouger les choses, soit les dossiers qui n’avançaient pas à leur goût, soit initier de nouveaux projets, portés par le désir de rester pertinentes dans un contexte où les tendances évoluent rapidement. L’énergie revient, les intentions sont sincères. 

Toutefois, cet élan s’accompagne souvent d’une illusion : que le simple changement d’année nous donne plus de capacité, comme si le calendrier s’était allégé, que les équipes avaient plus de bande passante et que les frictions s’étaient dissipées. Or, la réalité du terrain demeure inchangée malgré ce regain d’énergie de début d’année. 

L’illusion de la nouvelle année face aux réalités du terrain : accélérer sans consolider 

Avec nos clients, nous constatons que les blocages à la transformation numérique sont rarement d’ordre technologique. Ils sont systémiques. Janvier ne fait pas exception : les mêmes contraintes structurelles demeurent, même si l’enthousiasme entourant les nouvelles initiatives les rend moins visibles. Ce sont des facteurs qui s’accumulent graduellement, jusqu’à créer une saturation qui freine tout élan : 

  • Des projets non stabilisés qui exigent encore beaucoup d’attention. 

  • Une valeur attendue qui tarde à se matérialiser, ce qui fragilise l’adoption. 

  • Une dette technologique qui absorbe temps, énergie et capacité d’innovation. 

  • Des arbitrages flous entre les priorités stratégiques. 

  • Une organisation qui avance, mais sans réel espace pour souffler ou ajuster. 

Changer de posture : consolider avant d'investir ailleurs 

Et si janvier servait moins à ajouter qu’à tirer pleinement profit de ce qui est déjà en mouvement? 

Changer de posture, ce n’est pas ralentir par manque d’ambition. C’est reconnaître que la transformation numérique se joue autant dans la consolidation que dans l’innovation : stabiliser ce qui est fragile, clarifier ce qui fonctionne et ce qui freine, donner aux équipes l’espace nécessaire pour que les initiatives existantes livrent enfin leur pleine valeur. 

Souvent, ce qui manque n’est pas un nouveau projet, mais de la cohérence, de la priorisation et l’espace pour faire atterrir le changement. 

Une transformation qui s’ancre dans le réel 

Une transformation pérenne ne se mesure pas à la vitesse d’exécution, mais à la capacité de l’organisation à absorber, aligner et faire évoluer ce qui est déjà en place. Les organisations qui avancent durablement savent quand consolider, quand simplifier et quand investir ailleurs. Et cela demande du courage : celui de résister à l’urgence d’ajouter et à l’envie de nouveauté pour mieux consolider ce qui compte. 

Alors, en ce début d’année, le vrai exercice n’est pas d’ajouter, mais de prendre du recul : de quoi avons-nous réellement besoin pour avancer solidement en 2026?  

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